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viernes, 29 de julio de 2011

I - L'engagement politique de Pablo Neruda

En 1927, Pablo Neruda commence sa carrière politique grâce à laquelle il a connu son ami, Federico García Lorca dans un de ses voyages à Buenos Aires. En 1936, avec l'éclatement de la Guerre Civile Espagnole, et la mort de son ami déjà nommé, il se compromet avec le mouvement républicain, d'abord en Espagne, plus tard en France. C'est le début de son engagement, sa poésie commence à se caractériser pour son orientation politique et sociale.


Son oeuvre engagée se manifeste notablement dans  L'Espagne au coeur et  Chant Général. Le contenu de ce dernier fut écrit dans la clandestinité car le président Chilien de cette époque, González Videla, le persécutait pour être communiste. On peut dire que son engagement politique prend une autre dimension quand en 1970 avec les élections de président, le parti communiste le choisi comme pré-candidat, mais L'Unité Populaire choisit finalemente le socialiste, Salvador Allende, élu comme président. 



Le poème ''Expliquons-nous'' est un bonne exemple de son engagement, il se met au service de la cause anti-fasciste de l'Espagne, au moment de la publication l'Espagne est en pleine Guerre Civile. Il écrit à la première personne pour une mise en valeur du témoignage, c' est une manière de créer empathie chez le lecteur. L'auteur marque une différence abrupte dans la moitié du poème pour symboliser l'arrivée de Franco au pouvoir, et comme la vie qui était similaire à celle de de la campagne, équilibrée et harmioneuse, se transforme en une allégorie de la mort. Mais un rôle du poème est perdu, comment peut-on trouver une sublimation sur un événement qui est universel que pendant les années 30 dans une partie du monde très réduite?





jueves, 28 de julio de 2011

Expliquons-nous

Vous demandez : Où sont les lilas ?
Et la métaphysique couverte de coquelicots ?
Et la pluie aux mots criblés
De lacunes et d'oiseaux ?
Voici :
Je vivais dans un quartier
De Madrid avec des cloches,
Avec des horloges, avec des arbres.
De là on voyait au loin
Le visage sec de la Castille
Comme un vaste océan de cuir !
Ma maison s'appelait
La maison des fleurs. De tous côtés
Jaillissaient des géraniums ; c'était une belle
Maison
Avec des chiens et des enfants
Raoul, tu te souviens ?
Te souviens-tu Raphaël ?
Frederico , te souviens-tu ?
Toi qui dors sous la terre,
Te souviens-tu de ma maison aux balcons
Où la lumière de juin étranglait des fleurs dans ta bouche.
[...]
Et un matin tout prenait feu
Un matin des brasiers
Sortirent de terre
Dévorant les hommes,
Et depuis lors le feu
La poudre depuis lors
Et depuis lors le sang.
Des bandits avec des avions, avec des Maures
Des bandits avec des bagues et des duchesses
Des bandits avec des moines noirs et des prières
Vinrent du haut du ciel pour tuer les enfants
Par les rues le sang des enfants
Courut simplement comme du sang d'enfant.
Chacals que les chacals repousseraient
Pierres que le chardon sec mordrait en crachant
Vipères que les vipères haïraient !
Devant vous j'ai vu le sang
De l'Espagne se soulever
Pour vous noyer sous une vague
D'orgueil et de couteaux.
[...]
Vous demandez pourquoi ma poésie
Ne parle pas du songe, des feuilles,
Des grands volcans de mon pays natal ?
Venez voir le sang dans les rues,
Venez voir
Le sang dans les rues,
Venez voir le sang dans les rues !

Pablo NERUDA, L'Espagne au coeur, 1938.

Chant Général

El Canto General (titre original) est un hymne à l'Amérique latine et aux nations opprimées, en général.

« Entrepris par le poète au mois de mai 1938, le lendemain de la mort de son père, Le Chant général fut achevé plus de dix ans plus tard. Il se termine par ces mots :

"Ainsi finit ce livre, je laisse ici mon Chant général écrit dans la persécution, en chantant sous les ailes clandestines de ma patrie. Aujourd’hui 5 février, en cette année1949, au Chili, à Godomarde Chena, quelques mois avant la quarante-cinquième année de mon âge."

Abandonnant l’idée primitive d’écrire un poème à la gloire du Chili, Neruda, lors d’une ascension au Macchu-Picchu en 1943, décida de composer un chant général américain. Le livre fut publié en 1950 au Mexique. Il comprend quinze parties, ensemble composite et divers qui brosse, en un panorama grandiose, une sorte d’immense fresque lyrique et épique du continent américain, depuis les temps précolombiens, la conquête et l’indépendance jusqu’à l’histoire la plus récente; il s’y mêle l’histoire des hommes, des indigènes, des clans, des factions, de leurs combats, de leurs révoltes, de leurs espoirs. La dernière partie, intitulée Je suis (Yo soy ), est une autobiographie poétique, une manière de testament et de profession de foi. Embrassant à la fois l’histoire d’un homme et celle de toute l’Amérique hispanique, Le Chant général s’élargit aussi aux dimensions de l’histoire universelle, des États-Unis d’Amérique aux nations opprimées comme l’Espagne ou la Grèce. Dans ce tableau démesuré, dans cette exaltation grandiose de la libération des hommes, le chantre a su faire passer toute la violence et l’humour, toute la tendresse et la force d’imprécation d’un lyrisme qui sait allier spontanément les formes les plus raffinées aux tonalités les plus âpres, la simplicité la plus sobre à l’invective la plus mordante, et les cris les plus discordants à la mélodie la plus envoûtante. » (extrait d'un article de Bernard Sesé, L'Encyclopedia Universalis, 2000)

Extrait
Au sein de la terre, j'écarterai

les émeraudes pour t'apercevoir

et toi d'une plume d'eau messagère

tu seras en train de copier l'épi.

Quel univers ! Quel stimulant persil !

Quel navire voguant sur la douceur !

Et toi peut-être et moi aussi topaze !

Toutes ensemble sonneront les cloches.

Il ne restera plus que tout l'air libre

avec la pomme emportée par le vent,

dans la ramée le livre succulent,

et au lieu où respirent les œillets

nous fonderons un habit qui supporte

l'éternité d'un baiser victorieux.